
À la recherche du Neutre dans les littératures d’Ancien Régime, du 3 au 25 mars 2026, vernissage le 3 à 18h à la BU.
« Je désire le Neutre, donc je postule le Neutre » (Roland Barthes)
Depuis sa réinvention par la modernité littéraire, la catégorie du Neutre n’a pas démenti son utilité. Ses avatars – comme l’hybridité, le queer, la fluidité, le non binaire –, nés de va-et-vient entre France et États-Unis, sont en effet encore fortement mobilisés aujourd’hui, et cela dans différents champs : le genre, la langue, bien sûr, mais aussi la race, l’esthétique et l’environnement.
Ce qui est visé, chaque fois, c’est une suspension active des paradigmes jugés réducteurs et oppressifs : on attend du Neutre qu’il déplace et désamorce les oppositions entre féminin/masculin, blanc/non-blanc, nature/culture, identité/altérité.
Il y a donc de multiples raisons, aujourd’hui, pour « désirer » le Neutre, et donc le « postuler ». C’est ce à quoi nous nous sommes essayé·es, sur un terrain qui semble pourtant ne pas aller de soi : les textes d’Ancien Régime. Nous les avons lus en partant à la recherche de scènes, de concepts, de formes où se repère « une tentation de lever, déjouer, esquiver le paradigme, ses arrogances » (R. Barthes), tout en réfléchissant aux bénéfices d’un dialogue avec le passé pour faire valoir la puissance du « neutriser » (Lila Braunschweig).
Exposition réalisée par les étudiant·es du Master de Lettres
Avec l’accompagnement de Sarah Nancy

