
À l’occasion du Mois du film documentaire, la BU propose deux projections-rencontres autour des rapports entre images et pouvoir.
La programmation s’ouvre le 17 novembre à 18havec Eye/Machine Ide Harun Farocki, au bâtiment A, salle A1-181 — Bleue nuit tropicale. Le cinéaste y développe la notion d’«images opératoires » : des images produites non pour être contemplées, mais pour participer à une action.
C’est ce type d’images militaires qu’Éléonore Weberréemploie dans Il n’y aura plus de nuit, le film suivant. Le montage, la durée et la voix de Nathalie Richard reconfigurent ces matériaux pour rendre sensible l’altérité des existences que les réticules de visée réduisent à des cibles.
La projection se déroulera en présence d’Éléonore Weber et sera suivie d’une discussion avecRomain Lefebvre, critique et enseignant à l’Université Paris 8.
Nous poursuivrons cette réflexion le 30 novembreà 18h avec All Light, Everywherede Theo Anthony, au bâtiment A, salle A0-182. Le film examine comment sont conçues les technologies de surveillance policière, notamment les caméras-piétons et les systèmes de surveillance aérienne. Derrière la prétendue neutralité des images, l’enquête fait apparaître les choix techniques et politiques qui organisent le regard.
Sécurise tes images : détruis-lesde Lory Glenn, que nous regarderons ensuite, s’appuie sur des vidéos tournées à Sainte-Soline lors des manifestations contre les méga-bassines. Elles témoignent de la répression, mais peuvent aussi se retourner contre les manifestant·es en permettant leur identification. Leur réemploi à des fins de surveillance les transforme en images opératoires. Glenn détourne alors un algorithme de reconnaissance faciale pour préserver l’anonymat des personnes filmées. Le film devient ainsi une contre-opération : altérer l’image permet de préserver sa valeur de témoignage sans exposer celles et ceux qu’elle montre.
La projection se déroulera en présence de Lory Glennet sera suivie d’une discussion avec Romain Lefebvre, critique et enseignant à l’Université Paris 8, et Baptiste Guyon, étudiant en Master 2 Photographie.
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