Le Baromètre de la Science Ouverte est un outil développé en France (piloté par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche) qui mesure, année après année, le degré d’ouverture de la production scientifique française (dont l’un des auteurs au moins est affilié en France). Il permet de savoir quelle part des articles scientifiques publiés par les chercheurs français est disponible en accès ouvert. L’expression “accès ouvert” désigne “les publications de recherche mises à disposition librement sur l’internet public” (le glossaire du BSO). Prenons deux articles :
- Stark P. et al., 2024, « Real-time Awareness : A Novel Application of Fiber Optics to Optimize Simultaneous Operations of Drilling and Frac », SPE Hydraulic Fracturing Technology Conference and Exhibition, https://doi.org/10.2118/217777-MS
- Firooz S., Reddy B.D., Steinmann P., 2025, « A gradient-enhanced approach for stable finite element approximations of reaction-convection-diffusion problems », Journal of Theoretical, Computational and Applied Mechanics, https://doi.org/10.46298/jtcam.15788
Le premier article est dit “fermé”, car il est nécessaire d’être abonné à la revue ou d’acheter l’article pour le lire. A contrario, le second, que nous avons trouvé sur le Web, est “ouvert” : on peut y accèder sans autre condition qu’un accès à Internet.
Le BSO analyse la production scientifique française à partir de bases bibliographiques internationales (comme Crossref, PubMed, etc.). Il croise ensuite ces données avec des sources sur l’accès ouvert (Unpaywall, DOAJ, HAL). Pour chaque année et chaque domaine scientifique, il calcule :
- la part d’articles disponibles en accès ouvert (tous modèles confondus : archives ouvertes, revues en open access, etc.) ;
- la répartition par type d’accès ouvert (ex. voie verte = dépôt en archive ouvertes, voie diamant, voie dorée avec APC, etc.) ;
- des informations complémentaires (par éditeur, par institution, par discipline).
Les baromètres science ouverte locaux
En 2019, l’université de Lorraine a repris la méthode utilisée par le MESRI pour réaliser une déclinaison locale du BSO. l’équipe chargé du baromètre science ouverte de l’université de Lorraine a ensuite ouvert sur Gitlab les scripts utilisés pour collecter les données, permettant à d’autres établissements de produire leur propre baromètre. C’est ce qu’a fait la bibliothèque de Paris 8 en 2025.
La méthode de collecte
Le BSO de Paris 8 s’est fait en deux étapes. La bibliothèque a défini le périmètre du baromètre en recherchant sur Hal et Pubmed les publications avec un doi dont au moins un auteur est affilié à l’université Paris 8. Les équipes du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation s’appuie sur cette liste, dont il ne conserve que les “doi Crossref” ainsi que l’identifiant Hal de l’établissement pour interroger leur base de donnée et retrouver le statut d’ouverture des publications pour chacune des années de la période observée. Cette période débute en 2016 et se termine l’année précédent l’année en cours. Par exemple, pour un baromètre réalisé en 2025, la période couverte est 2016–2024.
Le périmètre que l’a bibliothèque a établi est disponible sur l’entrepôt Data Paris 8 :
Luneau, Aymeric ; Arneau, Stéphanie, 2026, “Fichiers envoyés au BSO pour établissement du baromètre science ouverte de Paris 8”, https://doi.org/10.57745/OMEMKY, Recherche Data Gouv, V1
Une fois le baromètre constitué, les équipes ministère produisent une série de graphiques représentant le taux de publications ouvertes, son évolution, les différences entre champs disciplinaires ou éditeurs. Ce sont ces graphiques que nous reproduisons ci-après.
Les résultats du baromètre pour Paris 8 (édition 2025, basée sur des données 2024)
Le BSO de Paris 8 porte sur un total de 45 503 publications tout types confondus (articles dans des revues à comités de lecture, résumé de communication, chapitre d’ouvrage, ouvrage, etc.).
Données sources : https://doi.org/10.57745/OMEMKY
Les publications
Selon les observations faites au niveau national en 2024 par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), 105 224 des 160 681 publications parues en 2023 signées par au moins un chercheur affilié à un établissement de recherche français et disposant d’un “DOI Crossref” étaient en “accès ouvert”, soit un taux d’ouverture de 66%.

