
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, cette sélection interroge une forme spécifique de violence : la disqualification progressive de la parole et la production méthodique du doute.
La critique et romancière Hélène Frappat définit le gaslighting comme une entreprise de désubjectivation : un processus par lequel une personne est privée de l’autorité sur sa propre expérience, jusqu’à voir sa perception du réel invalidée (Le Gaslighting ou l’art de faire taire les femmes).
Le cinéma en explore les mécanismes depuis longtemps. Le modèle matriciel demeure Gaslight. Les films d’Alfred Hitchcock, notamment Rebecca et Suspicion, en proposent des variations plus ambiguës.
Rosemary’s Baby en élargit la portée à une dimension collective et institutionnelle.
D’autres œuvres prolongent ces questions : The Girl on the Train, Gone Girl, L’Échange, mais aussi, plus tôt, I Walked with a Zombie.
Ces films ne se contentent pas de représenter des violences individuelles. Ils interrogent des mécanismes sociaux : qui a autorité pour dire le réel ? Qui est jugé crédible ? À quelles conditions une parole devient-elle audible ?

